Marc

Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 23:27
 

Je suis né dans une pierre tombale.

 

 

Les yeux abimés, les joues rouges, le peuple sort du hangar. La ville, la Nuit. Vapeurs et lueurs. Sombre, humide, froid, électrique. Le bruit des chaussures creuses, du synthétique imperméable. Tout est plastique, à cette heure-ci. Pour moi, tout est fini. Je quitte le monde pour ne le retrouver qu'au matin, réveillé par les cloches. Je rentre. Mes idées ne sont plus claires, elles fredonnent, je n'ai pas accès a l'interrupteur pour les éteindre. Cette pensée m'obsède une seconde, puis est effacée par une autre. Plus grotesque encore. Je laisse les murs glisser sur mes bras, dans les rues étroites. Je marche vite, il est temps d'arriver. L'heure des drames n'est pas loin.

 

Mon téléphone vibre. Je sais que c'est elle. Elle est présente, sans cesse. Si elle n'est pas sans cesse apparente, elle n'en est pas moins là, profonde. Mon esprit ne la quitte jamais longtemps. Elle m'attend en bas de mon immeuble. Les lumières sont vives, publicitaires, racoleuses et puantes. Je regrette les plages et la cote. Le bruit, je le préfère au bruit. Nos murs sont vides, translucides et libertaires. Ici, tout est trop sec, salé. Je veux partir. Bonnie conduira. Je n'en suis pas capable. La vitesse m'angoisse.

 

Elle est adossée au mur, sous un lampadaire. Elle fume une longue pipe de laquelle elle aspire, puis souffle lentement, de petites bouffées. L'odeur acre réveille la rue. Tout est calme, et elle est là, éclairée par la lune et l'ampoule jaune. Nous sommes à New York, ou a Chicago. Sur sa cuisse pliée, son autre main joue avec un briquet argenté. Cling cling. Le bruit résonne. Un papillon passe, il est perdu. Je m'approche, je l'embrasse.

 

Nous prenons un Whisky, puis un autre. Elle était sous les rails du train, où un club qu'elle aime bien a ouvert. Elle raconte qu'elle est devenue folle à cause de la musique. Qu'elle a frappé la bar made avec une chaise et qu'elle s'est faite prendre en filature par la police. Je l'écoute tranquillement. Je me demande si c'est vrai. La musique du poste hurle. Elle réveille un voisin, qui vient se plaindre. Bonnie est paniquée, convaincue qu'elle est traquée. Elle est en pleine crise de paranoïa. Il n'y a qu'une solution: nous envoler. J'emporte le strict nécessaire, laisse un message vocal à Sam, pour lui dire que je quitte son boulot, et que c'est un connard d'esclavagiste.

 

Dans le garage, les lumières pales des néons donnent à notre fuite un aspect mythologique. La décapotable est là. Elle est notre sous-marin jaune. Nous devions fuir, elle pour sa folie, moi pour ma nostalgie. La route sera longue, comme nos idéaux, comme les larmes le long d'une joue. Mais la joie nous guide, nous nous rendons tout droit vers le soleil, la rédemption. Peter Pan, les étoiles d'un monde qui est sur le point de sombrer. Nous sommes ce qui est encore visible d'un monde qui est devenu invisible. Nous sommes justes. Son visage est creusé, mais ses yeux sourient, ils me donnent le courage de charger la voiture de nos minces bagages. Nous dormirons peu, et nous serons libre. Bonnie me dit qu'elle a entendu parler d'un cirque, au nord de l'enclave anglaise.

Un endroit où les feuilles d'automne n'existent pas. Ses paroles sont la prophétie.

 

Un homme dort dans notre voiture, quand nous rentrons de la plage. Il est sale, mais beau. Bonnie lui demande ce qu'il fabrique dans notre voiture. Il ne répond pas. Il nous montre une adresse. Elle est griffonnée, comme balayée, à l'encre verte, sur un morceau de papier glacé. Puis il montre une photo d'un pré au coucher du soleil. Au milieu du pré, il y a un campement. Bonnie, je le vois à ses yeux, tombe amoureuse de l'image. Elle veut y aller, et elle a raison. L'homme parle enfin. Son numéro a fonctionné, nous sommes à ses ordres.

 

Sur la route, j'en apprend péniblement sur Tom. Il ne parle pas français, l'espagnol il le parle vite. Il est pressé, impatient. Cela m'impressionne. Il est comme le petit prince. Il arrive en plein désert, il est discret, et sage. Il reste en retrait, tout en agissant pour ses découvertes propres. Tom est espagnol, il vit sur la route, au soleil. Je crois comprendre qu'il est une sorte d'ermite. Bonnie dort tranquillement sur la banquette arrière. Tom me demande si nous sommes en couple. Je lui répond que non. Il n'y a pas de couple, de toutes manières, il n'y a que des moyens d'accéder au bonheur. Tom nous guide à travers la campagne. Les champs de blés et le vent sont intenses, vifs, symboliques. La route est confortable, saine. Nos vies sont éclairées.

 

Le soir, nous arrivons. Une maison en pierre, dévastée par une tempête d'un autre âge. La voiture s'arrête, dans un silence léger. Voulait-on vraiment s'arrêter un jour? Le mouvement nous procure le fluide, qu'il ne faut pas laisser longtemps au soleil. Derrière, le son d'un groupe de jazz. Nous suivons Tom, devenu le maitre à bord, le lien entre nous et cet endroit inouï. Tom nous présente aux autres. Ils sont trop peu pour être une communauté. Bonnie leur demande qui ils sont. Elle est univoque, limpide. Elle est peut-être impolie. D'ailleurs, les autochtones ne répondent pas, du moins pas clairement. Ils manient l'art des mots, jouant avec leurs mains. Le feu les couvre d'une couleur chaude, rassurante.

 

Quelques temps après, Bonnie nous isole. Elle doute. Je la rassure. Être apaisant, doux.

 

Ils fabriquent des couteaux, les affutent, les vendent. Mais a qui? Nous sommes seuls, ici. Bonnie ne doute plus, mais je m'interroge. Leurs regards sont trop vitreux pour qu'ils soient lucides. Je me demande s'ils ne sont pas fous, eux.

 

La nuit est tombée. Sa tête est sur mes genoux, dans la voiture. L'habitacle est enfumé. Soudain, un bruit long. Une sirène de police. Deux fourgons se garent dans la cour, de l'autre coté. Adrénaline. Surventilation. Il s'agit d'être discret. Je réveille Bonnie, lentement. Elle regarde l'extérieur pendant que je lui raconte ce que j'ai vu. Je démarre dans la nuit. Notre fusée est partie. Nous fuyons à nouveau.

Par Girafe_Crew - Publié dans : Marc
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 19:38
 

L'implacable maturité.

 

 

La brume s'était dissipée peu à peu. Le soleil avait entamé sa lente ascension et baignait la cote de ses rayons orangés. Il s'agissait de ne pas s'endormir, de se cramponner pour de rien rater du spectacle exquis de la naissance d'un jour nouveau. Il y avait les autres, a coté, et ça me rassurait, de me sentir entouré, que mon bonheur était le point commun, ici. Nous vivions l'extase, et nous nous en nourrissions. Le temps filait vite, mais les plaisirs étaient longs. Les visages s'assombrissaient rarement, mais avec le temps ils devinrent usés. Nous savions qu'il allait bientôt nous falloir partir, trouver une autre cage dorée où nous percher.

Un jour, sur la plage, on dit à Paul que la destinée des hommes était ailleurs, et qu'il fallait la suivre, ou du moins la chercher. Car c'était cela, que nous faisions, nous refusions de chercher notre destinée, nous restions passifs, spectateurs des forces sociales, en retrait protecteur. Il y avait un train que nous savions dangereux, il roulait trop vite. Nous voulions rester dans le dernier wagon, par précaution. Paul savait comment répondre a l'homme sur la plage car la réponse, il se la répétait jour et nuit pour se convaincre d'être unique. Il suffisait qu'un jour il n'y croie plus pour que tout c qu'il avait construit auparavant s'effondre. La folie avait commencé quand le chemin qu'ils croyaient unique, atomique, avait commencé à se dissoudre, se diviser en plusieurs sentiers individuels. La découverte de ce schisme avait entrainé une réaction immédiate. Il fallait envisager un repli, la société commençait à avoir raison d'eux.

Mais l'ennemi commun, celui qu'il fallait éviter a tout prix, le danger, le poison, c'était lorsque comme ici, le matin, au soleil, nous cessions de parler pour mieux profiter de la contemplation. Et de ces silences germaient des raisonnements psychotiques incontrôlables, qui cheminaient inévitablement vers la peste, la maladie, l'implacable maturité.

 

 

Par Girafe_Crew - Publié dans : Marc
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 19:37
 

Le Renard Grec.

 

 

 

Il est 23 heures, Bonnie m'attend à la vieille fontaine, elle est toujours plus a l'heure que moi. Elle est plus excitée que moi, comme toujours. Clac! La porte de l'immeuble se ferme derrière moi, toute seule. Je marche rapidement pour feindre de rattraper mon retard. Dans la poche, j'ai quelques grammes de poudre de vie, sans laquelle Bonnie et moi ne sommes rien. La ville est grande, mais nous nous contentons de certains endroit, ceux où la décadence et la débauche sont au paroxysme.

Mes pas, mes pas, mes pas. J'arrive a la fontaine, et elle est là, sur le banc. Elle est belle, je crois que je l'aime. Je crois, mais elle est trop vaporeuse. Je ne serais jamais en couple avec un nuage de fumée. Comment la toucher? Comment l'embrasser, et comment la pénétrer? La fumée est belle, mais belle pour les yeux, et ne connait rien aux plaisirs du corps. Sa robe jaune et sa fourrure argentée lui donne l'air d'une diva polonaise. Elle ne m'a pas vue, elle regarde vers là d'où j'arrive d'habitude, quand je passe voir Dee pour la poudre de vie. Mais ce soir, ce n'est pas Dee. C'est autre chose. Je la saisis doucement par la taille, les poils de la fourrure glissent sur mes doigts en y déposant une goute d'eau froide. Elle est un morse, les poils mouillés. Bonnie sursaute et sourit.

Nous partons. Bonnie est attendue dans un endroit appelé le Renard Grec. Elle voulait que je l'accompagne. Je crois surtout qu'elle aime être avec moi la nuit, et qu'il faut tout justifier. Ça lui donne l'impression d'être libre mais ça ne trompe personne. Dans ses mains, une corde a sauter. Elle s'amuse à courir avec. Le Renard Grec est loin. Le chauffeur du taxi est un anglais. La voiture est grande, et le cuir couine. Confortable. Je donne les indications pendant que Bonnie ferme la vitre de séparation. Nous somme isolés, tout les deux. Je baisse la petite tablette entre nous, et prépare la poudre. Elle m'embrasse, se bouche une narine et s'envole entre Zeus et Neptune. Je la rejoins après un long soupir. Nous allons voir ailleurs. Peut-être que nos univers vont se croiser, mais pour l'heure nous ramons dans un océan d'euphorie, de visions inconnues, le monde réel est a notre portée. Tout est réincarné, les choses ont enfin une raison d'être. Dans le taxi, Bonnie me sert un peu du contenu de sa flasque. Le whisky est délicieusement imprégné de la chaleur de son corps. C'est du miel.

Mon château de cartes s'effondre brusquement quand la voiture freine devant une porte discrète, étroite, dans une rue déserte et mouillée. Je veux rester dans le taxi encore un petit peu, faire crisser le cuir sous mon poids, dans ses banquettes profondes. Bonnie jette au chauffeur un billet. Elle, elle va beaucoup plus vite que moi, elle est déjà sur le trottoir, et elle ne semble pas avoir remarqué que je sors d'un paradis. Son talon fin frappe contre la taule grise de la porte, et elle s'ouvre. Sans un mot, le portier nous laisse entrer après nous avoir observé longuement. Ils ne peuvent pas faire entrer n'importe qui. Mais qui ne font-il pas entrer s'ils ouvrent la porte a deux fusées comme nous, dont l'accoutrement regorge de preuve de notre folie urbaine? La question résonne lentement dans ma tête. Elle reste dans réponse car nous nous éloignons vite du silence gênant, en suivant le couloir. Bonnie connait cet endroit, elle tourne a gauche, monte un escalier, pousse une autre porte et nous pénétrons dans un ranch. Les hommes sont des cow-boys, les femmes des pin-up hors du temps. Nous sommes déphasés. Encore plus qu'a l'extérieur, nous utilisons la puissance d'un contraste. Dans un coin, autour d'une cheminée, un homme est assis et nous regarde. Je suis attiré par le feu, et je m'approche du chaman pendant de Bonnie va chercher de quoi nous réchauffer. Le chaman est vieux, le type indien d'Amérique, ses longs cheveux gris le rendent mystique. Il est affalé sur un fauteuil hors d'age, en cuir lui aussi.

« Bonsoir, chaman,

-Bonsoir.

-Nous sommes ici pour ...

-Je sais, j'ai lu votre courrier.

-Il y a erreur, nous n'avons pas envoyé de... »

Ma phrase ne se termine pas d'elle même. Quelque chose me dit que l'achever fermerait d'un coup une porte, une piste à suivre. Je vais voir ce qu'il y avait dans ce courrier dont on crois que je suis l'auteur. Il reprend:

« Avant toute chose, il faut que nous soyons clair sur une chose. Les préparations que vous m'avez demandées sont puissantes. Elles n'ont rien à voir avec tout ce que vous avez consommé jusque là.

Vous ne deviez pas être deux?

-Elle arrive, elle doit conclure une affaire, et elle nous rejoint. »

Bonnie arrive, avec deux coupes de champagne. Elle a l'air heureuse. Elle illumine la pièce. Je lui explique que le chaman nous prend pour un autre couple, qu'il parle de préparations puissantes. Je vois son regard prendre de l'intensité. Elle aussi, elle est friande d'occasions comme celle-ci de franchir une barrière morale. A la recherche de l'ultime, de l'absolu. Le chaman revient s'assoir dans son fauteuil, un trousseau de clés à la main.

« Une voiture vous attend en bas, vous la reconnaitrez. Tout est à l'intérieur »

 

Ce mystère, cet inconnu, cette frustration de s'aventurer dans un chemin si obscur me fait frissonner, quand, dans une hilarité fière et jouissive, nous quittons le chaman, convaincus d'avoir fait une bonne affaire. Une aventure pour pas un sou, pas un clou. Juste Bonnie and Clide.

Dehors, le taxi est parti. De ma tête, aussi. Je me demande comment trouver cette voiture. Mais j'ai la réponse quand Bonnie me montre une limousine aux vitres teintées. La clé ouvre la portière et nous entrons dans un salon. Une pièce roulante, toute en longueur, noire et lumineuse. Presque étouffante. Sur la tablette, un mot. Les instructions ne nous apprennent rien.

Bonnie ouvre le placard sous la tablette et sort deux petits paniers. Dans chaque panier, il y a une pillule rouge, une jaune, et une violette. La couleur est abimée, délavée. Dans le placard, il y a aussi deux coupes de champagne. Nous avalons machinalement nos trois pilules. Une par une, comme ce que les instructions nous conseillent de faire...

 

Faire le vide. Comprendre pourquoi ma peau est si collante, pourquoi mes yeux me disent que je suis sur une plage, la nuit. Pourquoi il fait si froid. Je suis un chien. Je veux des croquettes. Tout me revient à l'esprit, mon collier, ma laisse, mon territoire, mon urine.

 

Par Girafe_Crew - Publié dans : Marc
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 19:36

 

 

 

Cela faisait quelques temps que j'avais décidé de couper tous les liens qui me connectaient à LUI. J'étais devenu trop commun. Il se lasse vite des choses. Il doit en souffrir, mais je dois composer avec. J'étais un chasseur, je me trouvais devant un ours depuis une heure, à chercher comment fuir, comment l'empêcher de me démembrer, comment sauver ma capacité d'agir. Et soudain, le monstre avait arrêté sa course, avait courbé le dos, et était parti. J'étais resté là dans la neige luminescente du mois de mars. J'avais senti un goût de sang sur ma langue. Je crachai, et rien.

Rien que ma salive qui faisait fondre la glace. Que penser. Il m'avait touché. L'ours avait fini par m'atteindre. Je croyais que le danger venait du monde physique, alors qu'il était ailleurs. Quelque part dans les autres liens vers le réel. Je n'étais plus important à ses yeux, il me l'avait montré. J'ai pleuré, et la neige à fondu entre mes bottes. C'était la fin d'une illusion. L'avis de cet ours et ce dialogue surréaliste avaient taché tous mes actes. Mon chemin avait dévié.

IL s'était désintéressé. Plus d'admiration, dans ses yeux. Son regard ne m'envoyait rien d'exploitable, j'y cherchais quelque chose que je savais avoir perdu, dont je savais qu'il n'animerait plus rien de grandiose, d'éloquent et de limpide. Le désintérêt de l'homme. Le naufrage d'un chalutier. Il perd tout son équipage, toute sa pêche. Le seul moyen de faire de lui mon esclave à nouveau, était de réessayer. J'allais redevenir l'homme du début, occupé, sage, robuste et fou. Je ne l'aimais pas, mais j'ai su qu'il le fallait. Alors je suis parti. L'ours ne m'entendrait plus. J'irais chasser dans une autre foret, peut être moins agréable, mais sûre. Il fallait que je glisse vers un monde où ses yeux ne m'inquiétaient plus, où je méritais d'être aimé.

Et je le regardais s'éloigner petit a petit de moi. J'étais sur le bateau, et il restait sur le quai, tranquille et propre. Je suis un colon américain, je suis un moustachu a lunettes, j'ai ma valise en cuir et mes chaussures cirées. Mon Trench-coat est serré à la taille, mais le soleil d'hiver ne me permet pas de l'enlever. Je me demande s'il pleure. Je sais que non. Je ne pleure pas non plus. Ne jamais laisser voir qu'on quitte a contrec?ur. C'est meurtrier pour l'honneur. Peut être qu'il ne voit même pas que je pars. Il s'en rendra compte plus tard. Je ferais tout pour. A New York, il faut que je rencontre une Natacha, avec qui je reviendrais, et que je renverrais chez elle quand IL m'aura dit qu'il s'excuse. Qu'il s'est rendu compte que c'est moi, et qu'il le savait. On peut être cruel, par amour. Natacha m'excusera, peut être. Je suis fou, après tout. Mais je ne veux pas vivre de destin tragique, je suis trop moderne pour etre romantique.

 

Mais je n'en étais qu'au départ, et sachez que c'est pénible, de faire avancer un bateau, surtout dans son esprit. Même si on est convaincu. Je saisis une expression, sur son visage. Et voici, je flanche et mets un genoux au sol. Je cours dans la cabine de pilotage. Commandant, faites demi tour. Machines arrière! Le feu n'embrase plus rien dans les cheminées. Il n'y a plus d'énergie. Le déclin s'annonce, le recul, le fléau de la descente, a bout de force.

Par Girafe_Crew - Publié dans : Marc
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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 20:09
 


Synopsis :

Un groupe d’explorateur est envoyé dans une région en crise a une époque inconnue. Ils arrivent dans un hameau isolé. Les rues sont désertes et personne ne semble habiter ici. Mais lorsqu’ils décident d’investir les habitations, ils s’aperçoivent que tout les habitants ont été tués massacrés.


Les personnages :

Le professeur : Responsable de l’expédition

Eva 

Dink

Niko

Vlad

Val


Le tueur.



Scène 1 ext./Jour/Foret.

Les six explorateurs marchent, sac a dos plein a craquer. Ils ne parlent pas. Ils semblent concentrés sur leur route, écartant des branches par moments.

Soudain, celui de derrière s’écrie :

« Stop !!! »

Les autres s’arrêtent et attendent le dernier, Niko.

Lorsqu’ils sont tous réunis, Niko leur explique avec un fort énervement qu’il en a plus qu’assez de marcher pour ne rien trouver.

« Qu’est-ce que vous attendez, professeur ? Qu’on soit tous crevé de sous-nutrition ? Qu’on se suicide des suites de l’isolement ? Professeur, qu’est-ce que vous attendez pour dire qu’on abandonne. On a déjà marché une semaine de trop. Ca fait sept jour qu’on devrait être arrivé a cet endroit. Ah, oui, parlons-en de cet endroit. Dieu seul sait ce que c’est et ce qu’on va y trouver, tout ça parce qu’un général de l’armée a décider de ne pas nous dire en quoi ça consistait. Eux et leur foutu secret défense !! Il s’énerve et va pour empoigner le col du professeur. Mais les autres l’en empêchent.

Le professeur Le menaçant du doigt. -Niko, c’est pas mon problème si tu supportes pas les missions d’exploration. Et j’ajoute pour tout le monde qu’il sera inutile de discuter mes décisions. Personne ne vous a forcé à venir. Alors on va tous continuer jusqu'à ce qu’on arrive.

Eva :Attendez ! Professeur, comment contez vous régler le problème de la nourriture. Ca fait deux jours qu’on ne mange plus.

Le professeur : D’après moi, nous arriverons demain matin. Repartons.

Ils repartent.

Eva s’approche de Niko pour que personne ne puisse entendre ce qu’elle lui dit.

Eva Tout bas. –Fait moi confiance, le professeur sait ce qu’il fait. On doit y arriver. A l’avenir, je te prierais de ne plus être une tare pour l’expédition. On a vraiment pas besoin de ça.

Niko –Alors pour toi on doit accepter d’être sous-nourris alors qu’on marche trente kilomètre par jours depuis deux semaines. Personne ne nous avait prévenu que ça pouvait arriver, ça.

Eva –Fait moi confiance…

Par un plan fixe, on voit Dink, dernier, manger des barres de céréales.


Scène 2 ext./Nuit/Foret.


Les explorateurs campent. Il fait nuit. Ils sont tous dans leur tente sauf Val et Vlad qui discutent de la route a suivre le lendemain.

Dink mange derrière un arbre, caché. Puis il revient.

Vlad Raillant –T’as encore quelque chose a chier après deux jours sans manger ?

Val Exaspérée –Vlad, on a pas besoin du tout que tu nous rappelle qu’on est en train de mourir de faim.

Dink –Je suis allé voir ce qu’il y avait dans les parages, j’ai cru entendre un bruit tout à l’heure.

Dink retourne vers les tentes.

Vlad Tout bas, a Val. –Ce type là m’inspire pas confiance. J’aime pas trop le voir traîner seul.

Val –Tu te fait des films, je confierais ma vie a Dink. C’est le mec le plus honnête de l’expédition.

Vlad –Ah oui ?

Val –Apres toi, bien sur.

Vlad –On verra bien.


Scène 3 Ext. /Jour/ Lisière de foret.


Les six explorateurs arrivent a la fin de la foret. Ils se trouvent face a un hameau isolé, complètement désert. Pourtant, rien ne montre qu’il n’est pas habité.

Dink Tout bas :Vous croyez qu’on est arrivé ?

Le prof Assuré, mais sur un ton d’appréhension. :Sans aucun doute. En tout cas c’est l’endroit indiqué par les coordonnées GPS que m’a donné le général.

Niko Serre les dents. :Ne me parlez pas de ce connard de l’armée. Je jure que si je sors vivant de cette foutue expédition a la con, je l’étripe.

Silence.

Vlad sort son arme, une mitraillette et s’avance.

Vlad : M’est avis qu’on devrait aller voir c’qui s’passe. On explore pas une cité défunte en la regardant de loin.

Le prof :Ne dites pas de bêtises, Vlad, ça ne peut pas être une cité défunte. L’armée n’aurait pas envoyé des civils dans une zone dangereuse.

Val :L’armée a perdu beaucoup d’homme ces derniers temps, il se peut que nous y ayons été envoyés par défaut.

Le prof :C’est pas le moment de penser a ça de toutes façon. On a fait deux semaines de marche en sous-nutrition, je vous rappelle, et j’ai pas l’intention de camper a l’entrée d’un village alors qu’il doit grouiller de bouffe.

Eva : J’ai bien peur qu’il y ai autre chose que de la bouffe dans ce putain de village. Je propose qu’on sorte les armes.

Le prof :Bonne idée.

Ils sortent tous leurs armes a feu.

Ils se dirigent prudemment vers le village.

Arrivés aux premières maisons, ils se déploient dans les petite rues. Mais elles sont désertes.

Eva :Prof, tout est désert. C’est complètement glauque, comme endroit.

Le prof :Ouais, allons voir les maisons.

Vlad :Je prend la tête.

Vlad va vers la maison la plus proche. Il frappe. Il se retourne, fait un signe d’excuse pour la blague. Tout le monde fait une tête de désespéré. Dink passe devant, balance un grand coup de pied dans la porte qui s’ouvre.

Ils s’engouffrent tous dans la maison.


Scène 4 int. / Jour/ Maison 1


Ils sont tous en groupe dans la cuisine.

Le prof : Bon, Vlad, Val et moi, on va aller voir dans les étages. Eva, Niko, et Dink, vous visitez le rez-de-chaussée.

On voit évoluer le groupe du bas. Ils fouillent partout, toutes les pièces. Soudain, on entend un hurlement venant de l’étage.

Tout le monde monte.

Ils arrivent dans la pièce, une chambre. Ils trouvent Eva, les mains sur les yeux, le visage fixé vers le lit, ou se trouve un cadavre.

Niko :énervé :Quoi ? Mais qu’est-ce que c’est que ce cauchemar ? Il est ou le prof je sais tout. Il va pouvoir nous expliquer ce qu’il fout la, ce mort. Il voit le prof. Ah, t’es là, alors. Alors ?

Le prof :Ferme là, Niko, tu sais très bien que j’en sais pas plus que toi.

Vlad s’approche, inspecte le corps, puis se retourne.

Vlad : Ce gars-là a été étouffé dans son sommeil.


Flash back.

Camera subjective. Le personnage ouvre la porte, avec des mains gantées. Voit la personne qui dort, prend un coussin par terre, lui applique sur le visage. L’endormi se débat pendant une dizaine de secondes. Puis meurt.

Détachement de la caméra subjective. Travelling recul, plan en pied du tueur cagoulé.

Enchaînement d’images.


Eva :Bon qu’est-ce qu’on fait ?

Le prof :Que veux-tu que l’on fasse ? On va pas l’enterrer, non ?

Niko : Ha ouais ? On va le laisser pourrir dans cette foutue maison ?

Le prof :On a pas le temps de faire ça, Niko. En plus je pense que ce type est pas le seul dans ce cas.


Voix off : « En effet, les choses se passèrent plus ou moins comme l’avait dit le professeur. »


Scène 5 int/jour/Salle de bain.


On voit Vlad et Niko qui ouvrent la porte, de l’intérieur. Cris.

Un plan sur une fille noyée dans la baignoire.


Flash back.

Camera subjective. Le tueur entre dans la sale de bain alors que la fille prend un bain. Il lui plonge la tête sous l’eau. La fille se débat, hurle sous l’eau. Puis meurt.

Détachement de la caméra subjective. Travelling recul, plan en pied du tueur cagoulé.

Enchaînement d’images.


Scène 6 extérieur/jour/rue.

Un plan simple sur le groupe qui se disperse vers toutes les maisons.

Val hurle.


Flash back.

Camera subjective. Le tueur se précipite, une pelle dans les mains, dans le salon. Un homme est assis dans un fauteuil. Il le voit, se lève. Le tueur lui assène un coup de pelle dans le visage. Il tombe hors du champ, derrière une table. Détachement. Le tueur va derrière la table et frappe encore. Il se baisse. Se relève avec dans les mains deux morceaux de viande. Plan de dos en pied du tueur qui s’en va.


Dink rentre dans une maison, toujours sur le même plan.

Hurlement.


Flash back.

Camera subjective. Le tueur a entre les mains un homme assommé. Il le pose dans une pièce et l’enferme. Détachement. La victime se réveille et frappe a la porte, désespérée.

Plan d’ensemble sur le tueur cagoulé.


Eva rentre dans une maison.

Hurlement.


Flash back.

Camera subjective. La victime a la corde autour du cou, elle tient sur un tabouret. Les mains attachées dans le dos. Le tueur fait basculer le tabouret.

Plan sur le tueur de dos, avec derrière le corps qui se balance lentement.


Scène 7 int/nuit/salon d’une maison.


Le professeur : Je suppose que vous vous doutez que tout ça n’était pas prévu. Je sais pas trop quoi faire, on va prendre tout ce qui reste de bouffe ici et on va rentrer. A notre retour on fera un rapport et ils enverront une unité.

Val : Une question, professeur chef. Vous voulez dire qu’on a fait tout ça pour rien. Je veux dire on reste pas ?

Dink : qu’est-ce que tu veux faire d’autre ici ?

Vlad :De toute façon la question ne se pose pas. Il y a un danger potentiel et c’est un risque inutile.

Le prof : en plus je pense que nous avons fait tout ce qu’il y avait a faire.

Dink : Prof, venez, j’ai un truc très important à vous dire.

Il l’entraîne a l’étage.

Dink : Il est ici. Il nous espionne. Je l’ai entrevu.

Le prof :Mais de qui tu parles ?

Dink :Mais de celui qui a causé le massacre ! Il est toujours dans le village. Je vais le suivre pour voir ce qu’il projette. Dites aux autres que je suis allé me coucher parce que j’étais malade. Vous leur expliquerez plus tard.

Le prof : Autorisé. Restez en vie. Et prenez ceci. (il lui tend une arme.).

Dink : Merci. Eloignez le tueur d’ici.

Le prof descend.

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